vendredi 13 juin 2008

Deutsche Hoffnung, Irish Time : En France, c'est à nous de jouer!

Enfin un peu d'air venu d'outre manche! Bienvenu d'ailleurs dans ce contexte très français d'étouffement et d'impuissance de beaucoup face au contexte politique actuel.

En effet, encore une fois un peuple d'Europe vient de montrer son refus de voire construire l'Europe sans lui!

Cet évènement qui marque encore un coup dans la construction "par le haut" que ces messieurs les technocrates voulaient nous imposer peut nous réjouir pour de multiples raisons...

Une première plus irlandaise, est qu'initiée par les forces de gauche et associatives comme ATTAC, une nouvelle culture d'éducation populaire vient de naître en Irlande avec, à l'image des collectifs du 29 mai en France, la création de comités où étaient expliqués aux citoyens le contenu et les implications du Traité de Lisbonne. Un moment d'union des forces, de réflexion et de vigilance citoyenne qui a payé!

La deuxième chose rèside dans la raison principale ayant mené les Irlandais à voter NON, qui est le manque de clarté volontaire du texte et surtout le manque d'explication de la part des autorités. L'absence totale de concertation avec les peuples pour sa rédaction, entre experts et politiciens hauts placés et aguéris, y a sans doute participé.

Ainsi grâce à ce vote se rouvre une brèche d'espoir, de construire une alternative à ce système européen et ses pratiques anti-démocratiques.

Déjà en France, nous pourrions commencer par exiger la tenue d'élections dans tous les pays pour la constitution d'une assemblée constituante européenne.
Les forces de gauche doivent s'allier pour l'exiger, au risque de voir encore une fois, comme après 2005, s'éteindre l'espoir d'une alternative crédible au système capitaliste et libéral français et européen.

Pourquoi le peuple accepterait-il en effet de sortir du jeu de l'alternance sans fin entre un libéralisme soft se réclamant de gauche car agrémenté d'une légère sensibilité sociale pour faire bonne figure face à un néo-libéralisme affublé de conservatisme social, si une force suffisamment large et crédible n'est pas en capacité ou n'a pas la volonté de prendre le pouvoir?


Bientôt plusieurs échéances importantes vont avoir lieu à gauche, tout d'abord les différents congrès (PCF, PS...), la constitution du NPA, et les Etats Généraux de la gauche de transformation sociale et écolo.

Oui j'ai cité le congrès du Parti Socialiste, ce n'est pas une blague! Car contrairement à beaucoup de militants d'extrème gauche, je ne pense pas qu'il faille arrêter de regarder ce qui se passe du côté du PS. En effet, les luttes intestines entre différentes personnalités a de quoi dégouter. Mais derrière cette bataille très médiatique de l'élection du nouveau secrétaire du Parti, se cache un autre enjeu tout aussi important...

Celui de l'avenir de la gauche du PS, ou plutôt de ses militants, de plus en plus isolés au sein du parti où lorsque l'on a pas de relais médiatique grâce à une des personnalités on n'existe pas.

Le jeu est déjà fait d'avance : la bataille des personnalités va se terminer, peut être avec une surprise, avec l'élection de la nouvelle star du PS mais derrière le débat d'idée n'aura pas eu lieu.
C'est-à-dire la question de l'orientation à donner au parti est essentielle, et plus précisèmment l'attitude de la gauche du PS et de ses militants, suite à l'orientation toujours plus libérale que le PS prend en douceur et de manière détournée avec l'accession à la parole médiatique de nouveaux éléphants toujours plus délavés, et éloignés des idéaux de partage des richesses.

Et oui, ça peut paraître paradoxal, de demander de prêter attention à ce qui se passe au PS, alors qu'on sait que l'issue du Congrès sera de toute façon décevante.

Pourquoi s'y intéresser alors?

Et bien car l'on (les forces et militants de la gauche de gauche) a une occasion unique de créer cette force large et diverse dont l'on rêve, allant des socialistes antilibéraux aux militants d'extrème-gauche en passant par les communistes, les altermondialistes et les écologistes...

Comment?

En amenant le débat jusqu'à ces socialistes antilibéraux sur l'inutilité du Parti Socialiste dans le débat social des années à venir, afin que l'aile gauche du Parti se désolidarise de la ligne majoritaire ayant accepté le diktat du marché, pour rejoindre les forces antilibérales à sa gauche.

C'est pour cette raison qu'il faut aussi être attentif au Congrès extraordinaire du PCF de la fin d'année. En effet, il est évident que les idées et le mouvement communistes doivent avoir leur place à part entière dans une éventuelle nouvelle force unifiée de gauche antilibérale. De par l'histoire de ce parti, son ancrage local et son implication dans les luttes salariales ou démocratiques, ses traditions, son analyse très pertinente sur le monde du travail.

Jamais l'existence et l'utilité du Parti Communiste n'a d'ailleurs jamais été autant remise remise en cause au sein de celui-ci comme à l'extérieur. On voit très bien tous les jours qu'il n'est plus à même de porter les aspirations de transformation sociale comme il le faisait avant 1968.

Est de plus en plus partagée au-delà d'une simple refondation, le minimum faisant consensus, la nécessité de depasser la forme actuelle du parti pour l'intégrer dans une force plus large.
Mais il ne faut pas ignorer les forces du statu quo à l'oeuvre dans celui-ci. C'est le problème des structures politiques qui sont faites pour perdurer lorqu'elles prennent le dessus sur les militants d'une force politique comme c'est le cas au PCF.


Le point d'interrogation reste l'attitude du futur NPA dans la constitution d'une telle force. En effet certains grands pontes de la LCR disent ne pas vouloir d'un " Die Linke" à la française, en référence au nouveau parti de gauche allemande alliant aile gauche de la social-démocratie allemande détachée du SPD (équivalent du PS français), le PDS hérité de l'ancien parti communiste allemand et le WASG parti d'extrême gauche fondé par des syndicalistes très impliqués dans les mouvements salariaux.. En effet ceux-ci disent ne pas vouloir s'allier à la social-démocratie fusse-t'elle antilibérale. Un relan de la théorie avant-gardiste et révolutionnaire d'antan contre l'ordre bourgeois, comme quoi il reste du boulot du côté de la ligue.

D'ailleurs je pense qu'on peut aisément tirer une leçon du processus de construction de Die Linke, qui a commencé par l'alliance des anciens communistes de l'Ouest avec ceux de l'Est, pour enfin créer une organisation commune avec la gauche du SPD menée par l'ancien dirigeant socialiste Oskar Lafontaine. Puis au fil des élections et des combats communs, face au succés de la nouvelle alliance, bientôt le WASG conclût des accords avec le PDS dans de nombreuses échéances régionales et locales, jusqu'à que l'alliance avec le WASG soit définitivement conclue avec la création de Die Linke.

Pourquoi ne pas penser que l'on puisse suivre le même chemin en France. C'est-à-dire, l'unification dans une seule forces des socialistes antilibéraux, des communistes, des altermondialistes et des écologistes radicaux. Ainsi peut être cela poussera le NPA a envisager une alliance avec cette nouvelle force. Mais il faut admettre cette différence entre le WASG et la LCR/NPA, que cette dernière bénéficie d'une plus grande popularité grâce à son porte-parole Olivier Besancenot qui peut pousser son parti à avoir plus de prétentions et considérer sa nouvelle force comme suffisante.


Pour finir, afin de faire face au danger de voir une nouvelle structure rigide prendre place dans cette éventuelle nouvelle force, s'il y a un point que nous, militants alternatifs et des collectifs unitaires, ne devont concéder c'est bien celui de l'autogestion et du fédéralisme. C'est le meilleur moyen de rester à la pointe de la démocratie en interne, et de participer à faire de notre autre politique, une politique autrement.

dimanche 1 juin 2008

LCR, Nulle Part Ailleurs?

Pourquoi je ne prendrai pas parti...


L'évolution de l'aventure NPA ces derniers temps m'a amené à beaucoup m'interroger...

La nouveauté que représente l'initiative de la LCR dans le paysage de la gauche de la gauche est très attrayante : "enfin du neuf à gauche, enfin ça bouge" j'ai pu entendre chez les plus jeunes comme chez les plus vieux.

Même si je pense qu'une refondation de la LCR était plus que d'actualité pour abandonner les archaïsmes d'extrème-gauche hérités de la tradition trotskyste et intégrer une réflexion plus complète sur l'écologie, je pense qu'on doit prendre cette initiative pour ce qu'elle est en réalité.

En dépit des discours qu'on a pu beaucoup entendre sur la diversité et la largeur du mouvement en construction, la réponse de la LCR à la tribune accordée dans Rouge à la coordination nationale des "collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme"*, a de quoi ramener à la réalité.

C'est toujours dans une pureté révolutionnaire que la LCR, principale composante du parti anticapitaliste en devenir, renvoit ses voisins qui ne pensent pas comme elle à des traîtres à la cause ou à des sociaux-libéraux en critiquant les alliances aux municipales de certains collectifs ou de groupes locaux des Alternatifs comme à Nantes. En amalgamant enjeux et bilans locaux à la politique nationale, la LCR essaie de brouiller les cartes et montre encore une fois son intolérance.

Pourquoi se priver de voler une mairie à la droite en co-gestion avec une équipe issue de la gauche plurielle, si on le fait dans le respect de nos idées antilibérales et principes comme l'ont jugé bon de le faire le groupe local des Alternatifs à Nantes qui ont soutenu dès le premier tour la liste de rassemblement à gauche conduite par M. Ayrault?

Dans le "sud fasciste" comme j'aime à dire, de la Côte d'Azur d'où je viens, les scores de la gauche, de l'extrème-gauche et des écolos réunis ne dépassent pas 20%. Est-ce que, car au niveau national le PS est majoritairement dans une ligne social-libérale, on doit refuser tout alliance locale avec lui par idéologie si on a l'occasion de créer un groupe d'opposition à la mairie ou même de l'emporter en conformité avec nos valeurs?
C'est la même chose pour les petites villes ou les villages...

Alors oui, en effet Jean-Marc Ayrault au niveau national est porteur d'une politique d'acceptation du libéralisme, mais est-ce qu'on doit accepter l'amalgame avec la politique municipale nantaise, dont je souhaite rappeler à la LCR, se décide en Conseil Municipal et non par un seul homme qu'est le maire. Les Alternatifs nantais ont jugé positif le bilan de la municipalité sortante tant au niveau social, écologique que démocratique, et alors? Est-ce si étonnant qu'une municipalité socialiste puisse avoir un bon bilan?

A un moment je crois qu'il faut savoir mettre les mains dans le cambouis pour changer la vie des gens. Ou alors on peut toujours attendre le grand soir, mais à ce moment-là quelle posture malhonnête ce serait vis à vis des gens qu'on dit défendre et qu'on laisserait mourir de faim...

Une valeur qui m'a fait adhérer aux Alternatifs et non à la LCR, c'est leur fonctionnement basé sur le fédéralisme et l'autogestion : la souveraineté des groupes locaux pour les questions locales.
La conduite des Alternatifs lors des dernières élections municipales à Toulouse a d'ailleurs été exemplaire. Effectivement la liste conduite par la LCR que soutenaient les Alternatifs 31 était en concurrence avec celle de l'AMP (Alternative en Midi-Pyrénées) soutenue elle par les groupes Alternatifs des autres départements de la région. Mais en aucun cas le choix des Toulousains n'a été remis en cause par la coordination nationale des Alternatifs, contrairement à ce qui s'est passé lors des législatives de 2007 à Clermont-Ferrand où la direction nationale de la LCR parachuta une candidate (fidèle à la position nationale) contre le candidat LCR choisi par la fédération locale, Alain Laffont, qui avait fait le choix de faire la campagne Bové... Bref un centralisme assez peu démocratique inquiétant...

Ainsi la dépermanentalisation de Christian Picquet (bien que je sois en désaccord avec ce système), représentant de la tendance unitaire de la LCR, atteste de la vision de la démocratie interne de ce parti et du manque de respect des minorités politiques en son sein.

Comment ne pas craindre alors que de telles pratiques se reproduisent au sein du NPA où la LCR est volontairement la seule force organisée?

Une chose que je reproche au projet NPA, c'est que la LCR cherche à construire autour d'une stratégie, de sa vieille stratégie. Mais la stratégie anti-PS n'est pas un programme, et hélas cela constitue le préalable à la constitution du nouveau parti, sans discussions possibles. Ce que je reproche aux "ex-unitaires" ayant rejoint ce processus, c'est d'oublier qu'en décembre 2006, nous refusions la candidature de Marie-George Buffet à la présidentielle, sous prétexte que nous ne pouvions construire le rassemblement des forces antilibérales autour d'une seule force aussi gros que ce soit le PCF et qu'aujourd'hui, certains espèrent construire une force large et diverse autour de la seule LCR, pourtant beaucoup plus modeste, sous prétexte que son porte-parole Olivier Besancenot très médiatique devient de plus en plus populaire.
Sur ce point là, je reproche aussi à ces ex-unitaires, d'oublier ce que l'on portait dans les collectifs unitaires à propos du refus de la personnalisation de la vie politique. Force est de constater que ce parti se construit autour de sa personnalité. On ne fera pas d'autre politique sans faire de politique autrement...

Tant que la LCR n'aura pas fait son auto-critique, admis ses erreurs, respecter et essayer de comprendre le choix des autres forces, elle ne pourra avancer et proposer une vraie alternative, NPA ou pas. ;-)
Aujourd'hui plus que jamais, la construction d'une force large et diverse, antilibérale, anticapitaliste, altermondialiste est possible, c'est ce à quoi travaillent les Alternatifs et les collectifs unitaires, mais pour cela il nous faudra à tou-te-s abandonner nos sectarismes.



* Tribune des Collectifs et réponse de la LCR disponibles ci-dessous.

samedi 31 mai 2008

Tribune des Collectifs Unitaires dans Rouge

Pour débattre de la question de la construction d’un nouveau parti, « Rouge » ouvre ses colonnes à des individus, courants ou organisations politiques. Nous publions ici le point de vue des Collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme (Cual).


Oui, il faut du neuf.
Nombre de vos déclarations l’affirment : la LCR n’est « plus l’outil politique le plus adapté à la situation actuelle ». Olivier Besancenot en fait sa campagne d’explication sur la nécessité d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA) : « Beaucoup de gens étaient dans la résistance [au gouvernement] mais se sentaient orphelins d’une structure de réplique globale. » Notre coordination de collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme s’adressait ainsi au dernier congrès de la LCR : « Un autre avenir est possible, si nous le voulons. Cette alternative ne peut venir que des forces convaincues de cette nécessité. Nous voulons contribuer à construire une grande force politique nouvelle avec celles et ceux qui pensent qu’une autre façon de vivre ensemble est possible […]. Où tou-tes puissent se retrouver, dans la diversité de leurs expériences, de leurs engagements, de leurs luttes. Cette diversité n’est pas un obstacle mais, au contraire, une formidable richesse si la volonté de travailler ensemble l’emporte sur celle d’imposer le point de vue de sa sensibilité, de son parti, de sa philosophie.

« Ce mouvement doit s’appuyer sur un projet politique pouvant recueillir un large soutien populaire. C’est la garantie de ne pas reproduire les erreurs des gouvernements de gauche à majorité socialiste, qui n’ont jamais remis en cause les intérêts des forces économiques et financières dominantes. »

Comme vous, nous refusons cette société de plus en plus inégalitaire, sécuritaire, régressive. Comme vous, nous voulons un monde solidaire, fondé sur le partage des richesses, l’égalité sociale, l’impératifécologique, la paix et la démocratie généralisée. Nos assises, tenues en décembre dernier, ont proposé à toutes les forces sociales, politiques, associatives, syndicales, qui s’opposent au libéralisme, de s’engager ensemble dans la construction d’un projet émancipateur qui allie justice sociale et écologie, démocratie et égalité, solidarité et liberté, féminisme, antiracisme, pacifisme, réponses concrètes pour demain et projets d’avenir.

Dans cette perspective, nous pensons nécessaire de créer un cadre qui permette d’agir immédiatement en commun, tout en poursuivant les débats qui nous traversent. Tant sur le projet de transformation sociale et écologique à défendre que sur la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir (formes d’organisation, rapports aux institutions, alliances, place et rôle des mouvements sociaux…).

D’où notre proposition de préparer et de réaliser unitairement, dès 2008, des états généraux de toutes les forces, groupes de militants, réseaux de mobilisation, courants, partis, qui refusent que la gauche continue d’être dominée par le social-libéralisme. Il s’agit, dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique laissant subsister, autant qu’ils le souhaitent, les divers courants, tant que l’expérience ne les conduit pas à fusionner ou à se dépasser. Un cadre inscrit dans la durée, fondé sur des engagements communs dès maintenant et, à terme, un rassemblement politique.

Vous nous avez, pour le moment, répondu par la négative : pour vous, rien n’est plus urgent que la constitution des comités d’initiative du NPA. Nous regrettons vivement cette réponse. Le NPA que vous vous proposez de construire sera sans aucun doute un élargissement de l’actuelle LCR, il représentera sans doute également une certaine ouverture par rapport à la tradition politique dont vous êtes issus. Nous nous réjouirions que ce soit effectivement le cas. Mais ce projet n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Notre conviction est qu’il y a plus que jamais urgence à regrouper les forces et les courants de la gauche de transformation sociale et écologique pour offrir ensemble une alternative au bipartisme tracé par la droite et le social-libéralisme. De ce point de vue, sans attendre, les prochaines élections au Parlement européen sont un rendez-vous à ne pas manquer : elles nous donnent l’occasion de manifester notre volonté de peser sur la situation et de ne pas laisser le terrain à gauche au social-libéralisme ou aux opérations d’enfumage, comme celle proposée par Cohn-Bendit sous couvert de rassemblement de tous les écologistes. Ce serait le meilleur complément à notre engagement commun dans les luttes. La LCR, et demain le NPA s’il voit le jour, a toute sa place à y prendre.

La coordination nationale des Cual


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RÉPONSE DE LA LCR AUX COLLECTIFS ANTILIBÉRAUX

Avec ou sans le PS, il faut choisir. La contribution de la Coordination des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme, parue dans Rouge la semaine dernière, met en évidence de nombreuses convergences avec les préoccupations de la LCR. Elle fait aussi apparaître des points de discussion voire de désaccord, sur les initiatives politiques à prendre. Illustration manquante

L’ampleur et la violence des attaques menées par Sarkozy et son gouvernement ne font sûrement pas débat entre nous. L’effet des contre-réformes menées peut remodeler la société française et modifier les rapports de force en faveur des classes possédantes. Cela rend plus urgent que jamais l’émergence d’une force anticapitaliste. À attaque globale, réponse globale. Le désaccord entre nous n’est donc pas sur la nécessité d’une telle force, mais sur la possibilité de la réaliser dès maintenant et sur les délimitations qui la définissent.

Dans votre tribune, vous regrettez que nous ne nous inscrivions pas dans le projet que vous portez d’états généraux afin, « dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique ». Pour notre part, nous pensons qu’il est possible de commencer à construire d’ores et déjà ce nouveau parti. De ce point de vue, il est dommage que vous n’ayez pas rappelé votre décision et vos raisons de ne pas vous engager dans le processus du nouveau parti anticapitaliste (NPA), comme nous vous l’avions proposé lors de notre dernière réunion commune.

Ainsi, la motion adoptée à votre réunion des 29 et 30 mars indique, entre autres, que « les collectifs n’ont pas vocation à être, en tant que tels, partie prenante de la construction du NPA ». Vous écrivez : « Le projet de NPA, déjà lancé, ne correspond pas à notre démarche unitaire et de rassemblement, telle qu’elle a été définie lors de nos assises ». Plusieurs centaines de collectifs pour un nouveau parti, leur composition, le nombre de militants regroupés démontrent qu’il est temps d’avancer concrètement sur ce terrain. Les forces militantes déjà accumulées dessinent les contours d’une organisation qui ne sera pas simplement un « élargissement de l’actuelle LCR ». À cela, ajoutons que la radicalité sociale qui s’exprime dans ce pays ne peut se réduire à la réorganisation de ce qui existe. C’est le sens de notre formule, changer de gauche et non changer la gauche.

Ce n’est guère une nouveauté, mais parce que nous voulons construire un parti de rupture avec l’ordre existant, l’indépendance vis-à-vis du PS est une question essentielle. Le récent désastre italien, qui a vu le Parti de la refondation communiste (PRC) se faire laminer après son soutien au gouvernement Prodi, est venu conforter notre orientation de stricte démarcation par rapport à ce parti. Cette orientation n’est pas partagée par tous les partenaires que vous envisagez pour vos états généraux. C’est évidemment le cas du Parti communiste, qui a conclu des accords avec le PS, dès le premier tour, dans la plupart des municipalités.

À ces mêmes élections, si nous avons pu conclure de nombreux accords avec des collectifs antilibéraux, nous devons aussi constater que cette question de l’indépendance par rapport au PS demeure une question ouverte en votre sein. En témoignent les alliances, dès le premier tour, avec le PS, y compris dans de grandes villes comme Aix-en-Provence. Il en est de même pour certains courants politiques investis dans les collectifs : ainsi, à Nantes, la section locale des Alternatifs s’est retrouvée au premier tour sur la liste du Parti socialiste conduite par… le député-maire Jean-Marc Ayrault, dont on ne peut pas dire qu’il est à la gauche du Parti socialiste.

À la fin de votre contribution, vous évoquez les élections européennes de 2009. Pour notre part, nous aborderons cette élection avec une volonté d’ouverture, mais dans la clarté et la cohérence sur le fond politique. Il existe parfois, dans certains secteurs de la gauche antilibérale, un syndrome des années paires et impaires : années impaires, rassemblement antilibéraux, démarcation en paroles vis-à-vis du PS ; années paires, le temps des élus et des listes dès le premier tour avec ce même PS. Le calendrier électoral, souvent redoutable, est ainsi fait : les européennes de 2009 s’inscrivent entre les municipales de cette année et les élections régionales de 2010. On ne peut combattre le projet de construction européenne défendu par le Parti socialiste et gérer loyalement villes et régions avec ce même parti.

Léonce Aguirre et Guillaume Liégard

mardi 29 avril 2008

Jeunesse, lève toi! bis

Je reviens sur la commission jeunes de ce week-end.
Les chiffres sont parlants, comme ce qu'on peut constater à moindre échelle en Touraine, de plus en plus de jeunes adhèrents aux Alternatifs. Ce qui prouve que le mouvement prend de l'ampleur puisque ce n'était pas arrivé depuis le PSU. On retrouvait en effet de plus en plus la génération militante des années 70's, seule aux commandes des Alternatifs, et beaucoup avaient aussi participé à l'aventure de l'AREV dans les années 80-90.

On a beaucoup parlé des problèmes de politisation de la jeunesse, et la difficulté à enclencher des mobilisations à l'université, qui se dépolitise à toute vitesse, au fur et à mesure, qu'elle ne devient plus qu'un lieu de formation pour un futur métier. Bref bien loin de l'université où l'on apprend à réfléchir, critiquer et penser... La peur du futur, du chômage, de ne trouver aucun emploi équivalant à son diplôme, très présente chez les jeunes en dissuadent beaucoup à se mobiliser. Là encore TINA* a fait des ravages, et pour beaucoup la fin de l'histoire devient indépassable. Mais si la jeunesse ne rêve plus, qui le fera?
A aussi été constaté le fait que l'université, service public, perd son rôle de service aux usagers pour reprendre le rôle de formation appartenant aux entreprises, qui ne veulent plus mettre les moyens pour former leurs futurs employés et qui préfèrent laisser la tâche à l'Etat.
Qu'ainsi la professionnalisation de l'université, et de l'éducation plus généralement, s'inscrit pleinement dans le projet de la droite, où l'homme une fois oubliés les rêves d'émancipation personnelle et collective, ne serait plus qu'un travailleur, rouage d'une immmense machine inhumaine, dans laquelle la différence serait un obstacle à sa bonne marche.

L'attrait pour la jeunesse de théories comme la décroissance a aussi été soulignée, comme l'importance de l'inclure dans un projet global de société au même titre que le féminisme, la solidarité entre peuples, l'écologie ou l'autogestion. Ce qui est encourageant à l'heure où l'importance de remettre en cause le modèle de dèveloppement productiviste n'est pas partagée partout à l'extrême-gauche et chez les écolos mais devient de plus en plus urgente et évidente.
Et le mot de la fin : Arrêtons de dé-penser les amis, réfléchissons, agissons!


* TINA : There Is No Alternative - Reagan à propos du néo-libéralisme (Faisons-le mentir!)

dimanche 27 avril 2008

Jeunesse, lève toi

Je suis de retour d'une commission autour de la politisation de la jeunesse organisée par les Alternatifs, à laquelle étaient invités leurs jeunes membres.
Toute la France était représentée : Pau, Grenoble, Avignon, Paris et Tours bien sûr. Les échanges sur les différentes situations locales étaient très enrichissants. On voit un peu partout émerger une nouvelle génération de jeunes militants qui s'activent pour faire vivre et connaître les Alternatifs, comme à Pau où un jeune camarade est à l'origine de la création d'un groupe Alternatifs local.
Les origines, à l'image de ce qu'on peut retrouver dans les collectifs, sont très diverses, du jeune militant à Sud-étudiant ou à la FSE, ou encore ayant quitté le PCF en décembre 2006 avec le retrait de celui-ci du processus unitaire (on était deux dans le cas!) aux tout nouveaux militants politiques.
Durant cette réunion, nous avons un petit peu fait notre révolution!
Contre le système actuel qui s'avère toujours plus défaillant et discriminatoire, contre aussi certaines pratiques de militants d'extrème-gauche plus âgés mais pas que... Est grandement ressortie des débats, la nécessité de ne pas faire de divisions générationnelles entre militants alternatifs, puisque c'est ce qui fait la force de notre parti, et de sa jeunesse, grâce au mélange des pratiques et valeurs nouvelles mais aussi plus anciennes.
Bref ça a bougé.
Sur la forme, l'expérience s'est avérée tellement novatrice et utile que l'on a décidé de proposer au Congrès des Alternatifs qu'une commission jeune se réunisse une fois par trimestre pour que ceux qui sont le plus concernés, puissent discuter des solutions à apporter aux problèmes touchant plus particulièrement la jeunesse. Mais aussi pour impulser de nouvelles idées et pratiques au sein des Alternatifs.
On appelle d'ailleurs à la création de groupes jeunes des Alternatifs un peu partout (ouverts à tou-te-s celles et ceux qui sont jeunes dans leur tête!), pour que les problématiques propres à la jeunesse puissent être plus facilement intégrées dans les réflexions des Alternatifs, alors plus pertinents sur ces sujets.
C'est aussi ne l'oublions pas un des meilleurs moyens de populariser les idées de notre mouvement chez les jeunes et dans la société, de par une plus grande connaissance des lieux (fac, lycées, etc...) et une plus grande facilité à se mobiliser.

Par rapport à ces problèmatiques particulières, on a aussi fait la proposition que soit tenu un atelier sur tou-te-s les formes de discrimination (sexes, origines, pratiques culturelles et religieuses) lors de l'université d'été, en parallèle de celui-ci sur la politisation de la jeunesse.


La suite demain!

mardi 22 avril 2008

NOUS VOULONS LE RASSEMBLEMENT DES FORCES DE TRANSFORMATION SOCIALE ET ECOLOGIQUE

Ci-dessous la déclaration des Alternatifs suite à la coordination nationale des Collectifs Unitaires.
Je la trouve très pertinente...


Parce qu'il faut ensemble résister et construire face au capitalisme et à la politique de régression de le droite. Parce qu'une gauche enracinée socialement, a même de peser dans le champ politique est indispensable, pour ne pas laisser le champ libre au PS, force encore dominante à gauche comme l'ont montré les résultats des récentes Municipales, mais inapte a proposer un vrai changement de société. Aucun parti politique, existant ou à venir, ne sera à même de changer seul la donne à gauche.

Il n'y aura pas, à échéance de plusieurs années, une organisation unifiée des 'antilibéraux' ou 'anticapitalistes', et nous le regrettons.

La LCR ne dérogera pas à sa ligne de construction du Nouveau Parti Anticapitaliste, , le PCF est loin d'en avoir fini avec l'introspection. Le travail sur le projet et les formes politiques dessinant une alternative est encore en cours, mais nous pouvons franchir une première étape par la convergence, dans leur diversité, des organisations, courants, collectifs, et au delà, de dizaines de milliers de femmes et d'hommes engagés dans les combats féministes, écologistes, sociaux,démocratiques, altermondialistes.

Les Alternatifs approuvent donc la proposition d'Etats généraux de la gauche de transformation sociale et écologique, portée notamment par les collectifs unitaires, et se félicitent du succès de l'appel 'Rassembler' des Bouches-du Rhône, démarches visant à rassembler la gauche de transformation sociale et écologique, la gauche antilibérale. Si un certain nombre de formations politiques ne s'associaient pas à la démarche de convergence, nous ne baisserons pas les bras, et proposerons l'organisation d'etats généraux de la gauche unitaire de transformation sociale et écologique, permettant à tous les secteurs unitaires du camp antilibéral de réfléchir et agir ensemble.
A ce stade du processus, plutôt que la fusion dans un parti commun de gauche critique, l' organisation de la convergence pourrait combiner une alliance permanente de différentes structures politiques, et une structuration à la base unitaire et ouverte. Cette recherche opiniâtre de la convergence des forces de la gauche de gauche, n'est pas contradictoire avec notre volonté de renforcer et rassembler les forces alternatives autogestionnaires et écologistes au sein d'une organisation commune. Nous affirmons notre disponibilité à tous pas en avant dans ce sens, et faisons dès à présent de premières propositions sur la nature de l'organisation à construire.


NOUS VOULONS UN PROJET ALTERNATIF

Pour répondre à la crise sociale, la crise de la démocratie représentative, la crise écologique. C'est a partir de la pleine prise en compte de ces trois élements majeurs que se construit un projet alternatif. En germe dans les luttes sociales auto organisées, prenant en compte les acquis du mouvement altermondialiste (échanges sur un pied d'égalité entre mouvements syndicaux, associatifs, politiques, internationalisme altermondialiste, refus des paradigmes réducteurs 'rouge' ou 'vert', et recherche des synthèses).
Tirant le bilan de l'échec historique des deux modèles dominants au sein du mouvement ouvrier. Un projet rouge, vert, autogestionnaire, féministe, altermondialiste sera à même d'exprimer la diversité des champs d'action, des formes organisées sociales et politiques, pour permettre la convergence des résistances et bâtir une perspective d'ensemble.

Dans un monde ravagé par le capitalisme mondialisé, l'anticapitalisme doit être le fil rouge de ce projet. Le féminisme et l'écologie en sont partie intégrante et ne sont pas les contradictions secondaires de l'anticapitalisme qui serait la contradiction principale. Simplement, même si les dégâts dans le milieu naturel sont vieux comme l'humanité, ils prennent sous le règne du productivisme capitaliste l'allure d'une catastrophe permanente, et même si la domination subie par les femmes a sa logique et son autonomie propres, elle recoupe l'organisation capitaliste du travail où les femmes occupent toujours, pour le plus grand nombre, une place subalterne.

Quant à l'autogestion, elle n'est ni un supplément d'âme ni un objectif lointain pour les lendemains de la prise du pouvoir. L'autogestion est une exigence immédiate, but et moyen à la fois, pratique dans les luttes et aspiration dans le fonctionnement même des structures associatives, syndicales, politiques. Réapparue en Amérique Latine, elle est vivace dans l'entreprise comme dans la vie de la cité à travers les aspirations tenaces à la démocratie dite participative. Il s'agit d'avancer sur tous les fronts à la fois. Cette synthèse, permettra de se situer clairement à gauche, et de reprendre le flambeau de l'émancipation sociale, raison d'être et notion fondatrice de la gauche, des mains de la gauche traditionnelle en pleine débandade.


VERS UN NOUVELLE FORME D'ORGANSATION POLITIQUE, VERS UN PARTI/MOUVEMENT

Pour résister à l'exploitation, aux discriminions, aux oppressions, il faut s'organiser. Dépasser la juxtaposition des experiences sociales et locales sectorielles, construire un lieu d'échange et de propositions politiques, stratégiques, brassant les engagements, permettant la mise en commun de forces pour gagner.
Mais le besoin d'organisation politique ne peut pas plus ignorer les contradictions de la société telle qu'elle est, que les échecs des forces politiques autoritaires et centralistes ou digérées par l'institution et le compromis érigé en stratégie.

Les Alternatifs proposent de construire un nouveau type d'organisation politique, qu'ils expérimentent déjà en leur sein. La question de la démocratie interne est cruciale. il faudra inventer en marchant. Mais il est possible d'avancer dès aujourd'hui des orientations. Il faut rompre avec le centralisme et la verticalité, formes dominantes dans presque toutes les tendances du mouvement ouvrier, et donner la priorité aux formes de décisions les plus démocratiques dans la perspective d'une organisation autogestionnaire.
Il ne s'agit pas de faire disparaître toute centralité, mais de dépasser les blocages issus des cultures politiques autoritaires et délégataires La forme parti classique doit être remise en cause au profit du mouvement politique, ou du parti-mouvement, si l'on veut par cette expression associer l'idée de stabilité à celle de la novation et se dissocier projet inadéquat de nous réduire à la forme 'réseau'.
La nouvelle force politique participera aux luttes sans imposer son orientation, ne dirigera ni les syndicats, ni les associations, ni les mouvements de masse et ne s'y substituera pas. Le mouvement altermondialiste nous l'a confirmé : coopérations horizontales et en réseau entre syndicats, associations et forces politiques à égalité, absence de hiérarchie entre les terrains de lutte, Voilà ce qu'il nous faut, voilà la culture politique émergente qui doit nous faire renoncer au parti dirigeant ou, ce qui revient au même, au parti qui s'institue «débouché des luttes».
Les déclarations d'intention ne suffisent pas. Les actes sont décisifs. Sans formalisme ni spontanéisme, les pratiques autogestionnaires doivent être l'épine dorsale de l'organisation politique, donnent la priorité aux droits des adhérents et adhérentes, à la démocratie, à l'expérimentation, et au déploiement des initiatives individuelles en liaison avec la démarche collective et le primat du collectif. La rotation des responsabilités, la parité dans tous les lieux de direction seront impératifs. Des milliers d'hommes et de femmes sont prêts à faire cette expérience, à condition d'être associés à toutes ses étapes. Le projet doit se faire de bas en haut et non de haut en bas, dans le pluralisme et non pas autour d'une seule organisation. Ni la précipitation ni l'à peu près ne sont de mise.
La nouvelle culture politique, autogestionnaire, n'est pas seulement le fruit d'une organisation politique nouvelle, elle en est aussi la condition de possibilité.
Les Alternatifs engageront le débat sur ces questions, à la base toujours et au sommet chaque fois que possible, avec les courants, femmes et hommes se réclamant d'une gauche alternative et écologiste, comme avec la LCR ou les collectifs unitaires.
Car plutôt qu'un " nouveau parti " regroupé de fait autour d'un seul courant politique, c'est d'une nouvelle force politique, mouvement ou parti-mouvement, pluraliste et autogéré, écologiste, autogestionnaire et féministe autant qu'anticapitaliste, dont nous avons besoin.


Les Alternatifs

vendredi 11 avril 2008

Quelle refondation pour la gauche de gauche?

Je commence ce blog par cette question de la refondation de la gauche radicale, appelée aussi antilibérale, de transformation sociale ou encore anticapitaliste, qui est au coeur de mes réflexions et, il faut l'avouer, à l'origine de ce blog.
Vous l'aurez sans doute remarqué, même si nos médias n'en font pas grand cas, les différentes forces de la gauche de gauche sont victimes d'une poussée fièvreuse mais salutaire de refondation. Salutaire car toute phase de refondation entraîne inévitablement un questionnement des forces sur leur place, leurs objectifs, les contraint à regarder et tenir compte de l'évolution de la société, des pratiques militantes et des valeurs à défendre.
Mais encore faut-il que ce questionnement ne soit pas faussé dès le départ...

D'abord le Parti des Travailleurs avec son nouveau parti ouvrier indépendant qui souhaite rester à la pointe de la contestation d'extrême-gauche sans jamais se mouiller les mains. Je ne m'attarderai pas sur cette force dont je ne pense pas qu'on puisse attendre grand chose de positif pour une construction unitaire de la gauche de transormation sociale.

Lutte Ouvrière, ancienne championne de la contestation, qui vient de fortement adoucir sa ligne en signant des accords municipaux avec le PS pour gagner et/ou sauvegarder des élus au sein des conseils municipaux.

La LCR, qui pourtant à l'origine du capotage du rassemblement antilibéral (à égalité avec le PCF) pour des candidatures unitaires faisant suite au Non de 2005, vient de lancer des comités d'initiative pour la constitution d'un Nouveau Parti Anticapitaliste, en toute indépendance du PS, ayant pour but d'être le nouveau pôle des radicalités sociales à gauche.

Les Alternatifs et les Collectifs unitaires antilibéraux qui depuis la campagne Bové ont pris l'initiative, et ont été rejoints ensuite par MAG (Maintenant à Gauche), de lancer des Etats Généraux de toute la gauche de transformation sociale pour aboutir à une alternative unitaire au libéralisme, invitant pour cela LCR, PCF, LO, AlterEkolo, PRS, MARS et autres socialistes et républicains de gauche à les co-organiser et à venir discuter, tout en laissant les citoyens et militants prendre part au débat et aux décisions.

Enfin le PCF en pleine phase d'introspection suite à ses échecs répétés aux dernières échéances électorales et à l'hémoragie du nombre de ses militants ainsi que plus généralement à sa perte d'influence sur la scène politique nationale et dans la société. Une introspection qui devrait se finir à la fin de l'année par un Congrès national au cours duquel une nouvelle orientation devrait être définie pour le parti. Reste à voir si elle sera dans la continuité du statu quo actuel avec une stratégie d'alliance continue avec le PS, si elle sera dans la ligne réformatrice et unitaire avec le choix de l'union avec les autres forces antilibérales, ou alors identitaire avec un repli du parti sur ses élus, ses militants, son histoire et donc son passé.

Je m'arrête là pour le moment. Le reste de mes réflexions plus tard sur la situation, espérant avoir des nouvelles des votres... Mais je pense que vous comprendrez que la ligne ne semble pas être toute tracée par avance et par la même partagerez mes doutes et participerez à mes questionnements...