samedi 15 novembre 2008
"Y'a plus que les ritales pour se bouger en France!"
Oui c'est une phrase que j'ai entendu très souvent vendredi soir au rassemblement de soutien aux universités italiennes en lutte contre l'équivalent de nos coupures budgétaires et de notre LRU (Loi relative à l'autonomie des universités) françaises, où les français se sentaient étrangers en leur propre pays au milieu de tant d'italiens...
Sauf que leur mobilisation à eux en Italie est un cran au dessus avec trois cents mille personnes dans la rue à Rome hier soir. En France, ce sont encore les étudiants italiens les plus nombreux à se mobiliser contre une directive européenne issue du "processus de Bologne". Ils étaient deux-cents à se réunir devant le Consulat Italien hier matin, le soir une petite centaine à envahir la salle de conférence de l'Institut de la Culture Italienne pour porter leurs revendications pour la sauvegarde de la culture et de la recherche et pour l'indépendance de l'enseignement supérieur en Italie, sous le mot d'ordre "Non pagheremo la loro crisa".
Des rassemblements de soutien similaires se sont tenus dans les 20 plus grandes villes d'Europe comme Istanbul, Madrid, Monaco, Berlin, Barcelone, Bruxelles,... Bref il semble que pour la première fois depuis... mai 68! (et oui!) un mouvement de contestation européen se mette en place.
Cependant ne jettons pas la pierre aux étudiants français encore un peu frileux cette année. L'an passé nous a un peu échaudé avec une mobilisation crescendo qui a disparu comme elle était venue, lachée en cours de route par le syndicat réformiste et social démocrate majoritaire en France, j'ai nommé l'UNEF...
En effet un temps après avoir soutenu le mouvement qu'elle a vu se développer en dehors de son contrôle, car à l'initiative de Sud Etudiant et des autres forces de gauche radicale, l'UNEF décida de passer directement à la table des négociations avec la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, pour à la fin accepter des miettes contre lesquelles elle décide de se battre maintenant.
Mais là où on peut se rassurer c'est que ce mouvement qui se développe en France, se fait en dehors de tout contrôle des syndicats, en AG où les étudiants italiens expatriés décident de la vie du mouvement, avant de transmettre leurs idées de mobilisation aux AG étudiantes qui se tiennent un peu partout ces temps-ci pour aller vers un mouvement global des étudiants...
On ne peut que souhaiter bonne chance à tou-te-s et être avec eux/elles jusque dans la rue!
mercredi 12 novembre 2008
L'ingénu : Congrès, fédération, appels, nouveaux partis? Kesako?
La confusion règne en effet entre une dynamique NPA qui commence à se stabiliser après des débuts fluctuants mais où commencent aussi à se faire jour les première contradictions entre comités locaux assez divers dans leur composition et la direction nationale de la LCR qui tente de garder la bride sur sa construction;
un processus de "fédération" des militants, citoyens et des forces se reconnaissant dans la gauche alternative, à laquelle sont partie prenante Communistes Unitaires, Alternatifs (dont le congrès vient de confirmer l'engagement dans la création d'une telle force), Collectifs Unitaires, le MAI et autres divers courants de l'écologie radicale. Un processus recevant un large écho dans les milieux militants écologistes et altermondialistes mais qui en dehors peine à se faire connaître à cause d'un black-out médiatique impressionnant;
un PCF en crise dont l'issue du prochain congrès ne se résumera hélas qu'à un renouvellement assez superficielle de l'équipe dirigeante puisqu'elle sera issue de la motion de la direction nationale actuelle élue par à peu près 20% des militants lors d'un vote interne où l'abstention et les votes nuls ont atteint des records sans précédents;
une gauche du PS qui commence à se réorganiser avec la sécession de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon suivis par le PRS et rejoints par le MARS-GR (républicains anti-libéraux), qui appellent à la création d'une nouveau "parti de la gauche" clairement en rupture avec le capitalisme mais apparement pas avec le PS. Cela rajoute encore à la confusion à la gauche de la gauche, puisque ceux-ci ne semblent faire appel, pour la consitution de ce Die Linke à la française, qu'aux forces républicaines et surtout au PCF.
J'avoue que la manière dont a été lancé cette initiative me rend assez perplexe... En effet alors que s'enorgueillant de porter un projet unitaire, elle se fait en dehors de tout cadre existant s'en renvendicant (Politis) ou ne fait pas appel à ceux en cours de construction (fédération de la gauche alternative).
Ce rassemblement partiel des forces républicaines et socialistes, comme pour le NPA avec l'apport de militants anti-capitalistes proches de la LCR, ne semble pas se fixer pour objectif ultérieur leur propre dépassement dans un regroupement plus large des forces de la gauche de transformation sociale et écologiste, contrairement à l'initiative de "fédération de la gauche alternative" en cours qui ne se conçoit que comme une première étape vers la constitution d'une force pluraliste.
Certes, il est légitime et important pour le pluralisme des idées de la gauche de la gauche, que le pôle anticapitaliste, le pôle autogestionnaire/altermondialiste et le pôle républicain/socialiste s'organisent chacun de leur côté, mais quel gâchis monumental ce serait si cette division/réorganisation devait aboutir à trois forces chacune tournant le dos aux autres, chacune se pensant suffisante pour porter à elle seule un vrai changement de société.
On ne pourra regrouper la gauche de la gauche dans son ensemble autour d'une seule de ces trois forces à venir, nous devons le dire, le répéter et faire pression pour que des passerelles continuent à se faire entre chacune...
C'est aussi pour porter ces revendications qu'il est important que la "fédération" de gauche alternative commence réellement à se construire et se renforcer tout de suite.
Ainsi la partie de cartes s'avère au fur et à mesure du temps plus compliquée mais je ne pense toujours pas qu'elle soit sans issue commune possible si chacun reste capable de dépasser les querelles de clochers, qui nous ont déjà fait perdre tant de fois.
Les européennes doivent être l'occasion de commencer ce débat sans que le jeu soit pipé d'avance. Mais loin de vouloir construire l'unité pour l'unité, afin de ne pas reproduire les erreurs de 2006, c'est sur le fond de notre projet commun, bref ce qui nous rassemble tout en mettant à plat ce qui nous divise, que l'on doit commencer à discuter et pas seulement sur des têtes de listes.
dimanche 12 octobre 2008
Congrès des Alternatifs 2008 : Notre contribution...
Le modèle français actuel d ‘« intégration » des migrants est en crise. La panne de l'ascenseur social, la montée du chômage de masse, la précarisation croissante des jeunes ont joué un rôle important dans cette mise en crise.
Mais ce n'est pas la seule raison.
Même si les vagues d’immigration d’origine européenne avaient suscité le rejet à leur arrivée dans le monde ouvrier, leur intégration à la société française a été facilitée par la proximité de classe mais aussi pour des raisons de similarité culturelle et religieuse (christianisme).
Or, les dernières vagues d’immigration se différencient des précédentes ( immigration polonaise, italienne, portugaise ...) par leur provenance extra-européenne, leurs références culturelles et leurs religions, différentes de celles qui dominent, en France métropolitaine, depuis des siècles.
Celles des dernières quarante années, proviennent majoritairement des anciennes colonies d’Afrique équatoriale ou du Maghreb et des actuels DOM. Il y a aujourd'hui 6 millions de personnes de religion ou de culture musulmane, majoritairement français et majoritairement rejetés.
Assimilez-vous ou partez ! La France, aimez-la ou quittez-la !
L’ethnocentrisme républicain, très présent dans une France ex-puissance coloniale, se mêlant à la peur de la différence, les autorités françaises ont construit la figure du " bon immigré intégré » réplique exacte du regard condescendant et méprisant portée sur les populations anciennement colonisées. Pour être considéré comme Français - le slogan "être français, ça se mérite" a été partagé bien au-delà du seul électorat FN - , être en accord avec les « valeurs françaises », il faut ne pas faire trop de vagues et abandonner sa culture et ses traditions…
Véhiculant l'idée de l'incompatibilité des cultures et alimentant ainsi l’idéologie du choc des civilisations, sous couvert de lutte contre le terrorisme, la xénophobie d’Etat et l’islamophobie se sont développées. Elles n’ont jamais été aussi présentes en France et dans les pays occidentaux ; au point que l'amalgame entre pratiques religieuses musulmanes et intégrisme religieux est devenu presque naturel.
Des discriminations systémiques que nous devons combattre
Il est de notre responsabilité de prendre part le plus largement possible aux luttes anti-racistes mais aussi de combattre la pensée unique de l'"intégration/assimilation" qui produit mécaniquement discriminations à l'embauche, au logement, dans les loisirs ... Cette "pensée" empreinte d'un regard marqué par le colonialisme, est véhiculée par les médias et les principales personnalités et partis politiques, à gauche comme à droite.
Elle renvoie à la négation républicaine des origines qui, par adhésion sincère à un universalisme abstrait, risque d'aboutir à une sur-valorisation des origines et des identités.
Nous devons aussi élever la voix contre les politiques gouvernementales, de gauche comme de droite, qui stigmatisent les banlieues populaires et leurs habitant-e-s, notamment au travers des "politiques de la ville". Toutes ont été désastreuses, discriminantes et sécuritaires tant au niveau du logement, des moyens accordés aux écoles, que des violences policières, de la précarisation de ses habitants et de leur accès difficile à la culture et aux services publics, générateur de lien social.
Plus largement, nous devons combattre toutes les discriminations car toutes sont liées et trouvent leur origine dans des rapports sociaux de domination qui valorisent la norme de l'"homme, occidental, blanc, chrétien et hétérosexuel".
C'est en prenant en compte la réalité que nous pourrons lutter efficacement contre les persécutions des minorités, les discriminations et la stigmatisation des pratiques religieuses, culturelles ou sexuelles qui sont contradictoires avec notre projet politique et humain.
Nous pensons que les Alternatifs doivent s'emparer des questions que nous avons abordé dans ce texte et en débattre sereinement. C'est une condition indispensable pour que le nouveau prolétariat des quartiers populaires, quelle que soit sa couleur et son appartenance religieuse, s'intéresse à la politique et puisse partager notre désir d'émancipation.
Nathan BOUMENDIL - Guy GIANI - Léa CARLAT
dimanche 21 septembre 2008
Vers Belem et le FSM
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Une grosse réunion, toute pleine de vedettes de l’Altermondialisme sous chapiteau, pour ce séminaire « Le Forum Social Mondial de Bélem et le futur du FSM »
Après une demi-heure d’attente (les personnalités indispensable tardant à finir la réunion précédente ou à sortir de table), et les multiples réglages des fréquences de traduction, la réunion commence enfin par une intervention d’une militante équatorienne . Elle explique qu’elle est convaincue que les forums sont des lieux essentiels, notamment pour les latino-américains, pour de définir de nouvelles stratégies. Ils sont aussi un lieu important pour échanger et mener des débats, notamment celui de la plurinationalité. Ce sont en effet, les forums qui ont permis l’émergence récente de cette question-clé en Amérique Latine.
Ce type de rencontres est aussi le lieu de création de nouveaux agendas pour poursuivre les expériences qui se développent sur le continent sud-américain et les étendre vers d’autres lieux. Les réflexions sur la plurinationalité et l’égalité des droits entre les peuples peuvent directement profiter à l’Asie ou l’Océanie par exemple.Gus Massiah intervient ensuite pour présenter une synthèse des réflexions du Conseil International quant au débat stratégique (synthèse basée sur les contributions envoyées sur le site du FSM).
1. Analyse du contexte:
• Le FSM a désormais presque 10 ans : le contexte a inévitablement évolué, particulièrement depuis septembre 2001 qui a marqué le passage du néo-libéralisme au néo-libéralisme de guerre.
• Le néolibéralisme connaît une succession de crises liées les unes aux autres (économique, alimentaire, environnementale…). Mais cette crise structurelle ne se traduit pas par un effondrement du système. Sommes-nous dans une transition de sortie du néo-libéralisme et vers quoi déboucherait cette éventuelle sortie ? Manifestement, rien ne permet d’affirmer que l’altermondialisme profiterait mécaniquement de cette crise.
• Par ailleurs, la prise de conscience globale de la crise écologique est en réel progrès.
• Ensuite, nous connaissons une réelle crise idéologique et morale. Le renforcement de toutes les formes de répressions est indéniable.
• Enfin, les représentations géopolitiques ont changé : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine prennent de plus en plus de place dans les enjeux mondiaux et ces grandes régions réagissent de façons très différentes quant à l’hégémonie américaine. Elles ne sont pas pour autant les championnes du combat altermondialiste.
2. Etat du mouvement
• Le mouvement altermondialiste est un mouvement antisystémique qui conteste le néolibéralisme. Mais ce n’est pas le seul mouvement antisystémique : nationalismes, idéologies religieuses…
• Le mouvement se revendique comme un mouvement historique de long terme. Il se place dans un processus et n’oublie pas les antécédents (mouvements ouvriers, anticolonialisme…). Il s’en sert notamment en reprenant les formes de contestation.
• Le mouvement a été l’occasion de nouvelles alliances. Par exemple, en Amérique Latine, femmes, paysans et indigènes ont fait converger leurs luttes. Il existe aussi aujourd’hui une quarantaine de plateformes mondiales qui sont la conséquence d’une réelle convergence des mouvements.
• Le FSM n’est qu’une des composante de ce mouvement.
3. Capacité à promouvoir des actions
Les FSM donnent une visibilité aux luttes. Ils permettent :
• de rendre visible la dimension mondiale des luttes, y compris locales.
• de mettre en évidence la dimension citoyenne des luttes en soulignant qu’elles ne sont pas seulement sociales.
• l’émergence d’une nouvelle culture politique : horizontalité, activités autogérées…
• la mise en évidence d’une proposition d’alternatives stratégiques. On peut organiser chaque société et le monde en dehors d’une régulation par le marché.
4. Perspectives
• Il a été acté que le FSM ne prend pas de décisions d’action. Il doit faciliter le regroupement pour la mise en place des actions et leur développement.
• Il ne doit pas seulement être un regroupement ponctuel mondial. Plutôt que tous les ans, il est proposé tous les deux ans et les actions décentralisées (locales, régionales, nationales…) doivent être favorisées.
• A la suite de Nairobi, un guide de principes a été rédigé. Il est disponible sur le site Internet.
Suit l’intervention d’une des organisatrices du prochain forum, pour un point plus axé sur Bélem :
Il y a 10 ans, lors du premier FSM, régnait l’impression que le néo-libéralisme était victorieux. Aujourd’hui, on le dit en crise. Mais il faut prêter attention au fait que le capitalisme a été capable d’intégrer certains éléments de la critique altermondialiste. Un bon exemple est celui de la critique écologique.En Amérique Latine se construit un discours qui peut et doit dépasser ses frontières, ainsi que des connexions qui permettent ce dépassement. Par exemple, l’Amazonie connaît une concentration des formes de résistance, ce qui permet un développement de luttes radicales sur les questions environnementales.
Présentation des premiers jalons du programme des sept jours (!) du FSM de Bélem :
• Première journée d’accueil festive.
• Travail sur la Panamazonie qui regroupe 7 pays. Présentation des débats et perspectives dans un objectif d’échange avec les autres pays.
• Les trois jours suivants seront dédiés à des activités autogérées, avec la volonté de développer des ateliers et des activités culturelles.
• L’avant-dernier jour sera thématique (eau, travail, …) avec pour perspective de favoriser les convergences et les rencontres et d’avancer sur un agenda au sujet d’au moins une dizaine de thèmes.
• Le dernier jour sera consacré à une fête de clôture.
Une des questions épineuses de ce forum qui se déroulera en Amérique Latine : certains présidents s’inviteront. Comment la présence de présidents peut ne pas poser de problèmes ? Comment faire pour que leur présence puisse être constructive plutôt que problématique ? En outre, il est nécessaire d’être très prudent quant à une éventuelle récupération de ce type de présences.
Rachel et Mathieu
samedi 30 août 2008
Tag
Je me plie à ce jeu qui permet de faire connaître des blogs-amis...
Voici le règlement du Tag (que les personnes tagguées devront ré-indiquer si elles suivent le mouvement):
- Choisir un livre, l'ouvrir à la 123ème page et recopier les lignes 5 à 10.
- Indiquer les références de l'ouvrage.
- Tagguer quatre autres personnes en les prévenant sur leur blog.
" Ce bal reproduisait les scènes sur lesquelles Disraëli s'étendait avec complaisance dans ses romans. Il évoquait même une de ses plus fameuses descriptions ; car dans le Green Park, devant la maison, une grande foule s'était rassemblée dans la nuit d'été pour voir arriver et repartir les invités, écouter la musique et méditer peut-être sur le gouffre qui séparait en ces temps-là les gouvernants des gouvernés."
Il s'agit d'un extrait des mémoires d'enfance et d'adolescence de Winston Churchill "Mes jeunes années". Un livre qui relate des évènements vieux de plus d'un siècle et terriblement d'actualité de par les conséquences de la décolonisation dans le monde et la fin de l'impérialisme qu'ils évoquent. La plume ascerbe et l'esprit aiguisé de Churchill en font un chef d'oeuvre que je conseille de lire à tout le monde pour vous rendre compte que les choses se répétent et que les problèmes d'aujourd'hui trouvent leurs origines dans un passé beaucoup plus lointain qu'on le croit.
Apparemment nos chers pigeons français qui ont élu Sarkozy l'année dernière, pouvaient déjà trouver des pairs dans leur fascination pour le luxe et le pouvoir chez nos chers amis anglais du XIX ème siècle. A croire que Marx n'est jamais passé par là entre temps!
Je taggue Jacqueline, Guillaume et Alisson.
mardi 22 juillet 2008
Nausées matinales
La dernière date de ce matin quand j'ai appris que le TGI de Tours venait d'autoriser l'évacuation de l'immeuble occupé par le collectif La Victoire pour réclamer la réquisition des logements vides sur la ville. Et ce malgré le fait que l'immeuble soit vide depuis plusieurs années et que le bailleur "social" n'ait pas apporté au tribunal le document prouvant qu'il soit propriotaire.
Une autre envie de vomir m'est d'ailleurs venue à ce même sujet lorsque les squatteurs ont demandé le soutien de la mairie socialiste et que M. le maire Germain ait répondu qu'il était contre la réquisition de logements vides car cela allait à l'encontre du respect du "droit à la propriété privée", foi de socialiste.
Cela vient encore confirmer ce que l'on est de plus en plus nombreux à penser : l'appareil du Parti Socialiste est irrécupérable tellement il est corrompu par le libéralisme économique. Il est temps que tous les antilibéraux, et plus particulièrement le PCF et la gauche des Verts, s'en désolidarisent pour ne perdre plus leur crédibilité et finir en satellites. Car en effet, à Tours où le PCF et les Verts sont dans la majorité, pas un seul de leurs conseillers municipaux ne s'est opposés à l'expulsion ou n'a proposé de soutenir cette réquisition.
Un peu avant ça, toujours à propos d'une décision d'une juridiction, c'est cette fois le Conseil d'Etat qui refusait la nationalité à une femme saoudienne sous prétexte d'une "pratique trop radicale de la religion musulmane". Et oui, étant salafiste ( pratique que je ne défendrai pas puisqu'extrèmisme religieux) elle porte le naqab (voile complet). Je conseille d'aller lire une interview de cette famille sur le site du Collectif contre l'Islamophobie en France, qui montre le manque de soin des services sociaux dans l'analyse de la situation de cette famille par ailleurs très ouverte et tolérante (ici).
Cet arrêt me choque tout d'abord car il inverse totalement l'interprétation de la laïcité que nous partagions en France jusqu'à présent par sa conception négative de celle-ci. En effet, jusqu'ici la vision de la laïcité était celle inspirée des idées de tolérance de Montesquieu, laissant chacun pratiquer librement sa religion du moment qu'il ne l'impose aux autres. Depuis 1905, n'en déplaise aux laïcards bien-pensants qui ne cessent d'y faire référence, c'était une laïcité d'état qu'on pronait pour imposer le respect des pratiques religieuses de chacun.
Or de plus en plus, même et surtout dans le milieu militant, on fait la guerre aux religions (pourquoi pas mais pas aux dépens des personnes) aussi cela va à l'encontre de la liberté de culte.
Personnellement, je ne suis en guerre contre aucune religion, même si je ne partage la philosophie d'aucune. Il s'agit de pratiques qui ont eu et ont toujours parfois un interêt social, le socialisme et ses idées descendent bien du judéo-christiannisme!
Mais comme d'habitude c'est ce que l'on fait de cet outil, qui devait permettre à chacun de vivre ensemble, qui gâche tout et mène aux extrémismes religieux. Je pense que c'est en adoptant une posture tolérante vis à vis des religions qu'on les sécularise, c'est par la confrontation d'idées qu'on arrivera à limiter ses excès... On ne peut imposer à chacun d'être laîc, comme un Etat ne peut imposer la pratique d'une religion à son peuple, ce serait la même tyrannie!
Ensuite j'ai réagi sur le concept de nationalité pour lequel le Conseil d'Etat a tout spécialement créé pour l'occasion une échelle dans la pratique d'une religion pour juger de sa compatibilité avec les valeurs de la république, elles aussi sorties du grenier où le Conseil d'Etat les a si souvent oubliées... Comment un juge peut-il se permettre de juger de la pratique d'une religion pour établir si une personne peut ou non être française? C'est une honte absolue! Une trahison de nos traditions héritées des Lumières!
Derrière ce propos de défense des valeurs de la république française se cache surtout l'expression d'une islamophobie latente et de plus en plus présente dans la société. En effet, cette religion, bien que depuis très longtemps présente en France de par ses colonies, est nouvellement visible en métropole, en fait depuis les vagues d'immigration de la moitié du siècle dernier.
Alors au nom de l'égalité hommes/femmes, mot nouvellement venu dans la bouche du Conseil d'Etat et des institutions de notre république en général ou alors seulement en façade, on se permet de réprimer la pratique d'une religion qui effraie nos petits esprits ethno(euro)-centristes. Que dire des bobonnes qui au nom d'une certaine vision de la famille véhiculée par le catholicisme, restaient à la maison pour élever les enfants et faire les tâches ménagères car on leur enseignait qu'elles n'étaient bonnes qu'à ça? Ces même femme qui ne peuvent être ni curé, ni évèque. Ou encore dans une autre religion tout autant sexiste, dans laquelle on interdit aux femmes de rentrer dans le temple d'une synagogue car impures (c'est d'ailleurs cela qui m'a fait m'éloigné de cette religion suite à ma Bar Mitzvha), conduisant à une hallucinante séparation pour notre époque entre hommes en bas et femmes à l'étage. Ces même femmes auxquelles les juifs orthodoxes interdisent de toucher un autre homme ne serait-ce que pour serrer une main, et de montrer leurs vrais cheveux les forçant à porter des perruques.
Mais à ceux-là on ne dit rien, leurs religions font en effet partie du paysage franco-français depuis trop longtemps, beaucoup trop dangereux d'attaquer les excès de la pratique du judaïsme sans avoir peur de se faire taxer d'anti-sémite.
Balayons devant notre porte, avant d'aller nous soulager devant celle des autres...
La tolérance n'a jamais fait de mal sauf aux extrémistes et aux intolérants.
mercredi 9 juillet 2008
Ouvrons le débat !
Certain-e-s d’entre nous sont engagés dans le processus de mise en place d’Etats Généraux de toute la Gauche antilibérale souhaités par les Collectifs Unitaires avec les Alternatifs ou les Communistes Unitaires, d’autres dans le processus de création d’un Nouveau Parti Anticapitaliste initié par la LCR, d’autres dans la préparation du congrès de leurs partis comme au PCF, d’autres enfin viennent de signer l’appel de Politis « L’alternative à Gauche, construisons là ». D’autres sont parfois engagés dans plusieurs de ces processus et nous nous en félicitons.
Évidemment chacune de ses démarches est différente. Chacun dans sa chapelle pourrait penser qu’il détient la bonne recette mais force est de constater que toutes s’ inscrivent dans un même objectif : rassembler dans le but de porter un véritable projet en rupture avec la gestion libérale du monde. Aussi nous sommes ouverts au débat sur le meilleur moyen d’établir un cadre permanent d’actions et d’initiatives communes permettant l’unification des forces de gauche radicale.
Il est pour nous vain de les opposer, il est plus que temps de les considérer comme complémentaires et que lorsqu’il sera temps de fêter les retrouvailles, pour gagner, le chemin à parcourir sera certainement moins ardu si nous prenons le temps de nous rencontrer, débattre, construire des convergences et des solutions supportables pour chacun-e-s d’entre nous, en premier lieu pour tou-te-s les délaissé-e-s et victimes du système libéral.
Il y a en effet urgence à répondre dans l’unité au rouleau compresseur de la droite et du Medef et contrer le carcan de la bipolarisation en construisant une alternative politique crédible en réponse aux différentes luttes pour le partage des richesses, les droits et la planète. Il faut, en effet, ne pas dissocier la question du projet politique des problématiques du mouvement social et écologique, qu’il ne faut pas désinvestir, pour tous nous retrouver et inventer ensemble une alternative à partir des expériences du terrain.
Nous pensons qu’il faut que puissent se retrouver pour débattre et agir des organisations politiques (PCF, LCR/NPA, les Alternatifs, les Alterekolos…), des courants de gauche écologistes ou socialistes, les collectifs unitaires, et des milliers de femmes et d’hommes encarté-e-s ou non dans une organisation politique, associative, syndicale, que l’on retrouve dans les mobilisations féministes, antiracistes, écologistes, sociales, et toutes ces contestations sectorielles qui forment le kaléidoscope de l’ altermondialisme.
Néanmoins nous devons admettre que les dernières initiatives en cours de par leur nature ou leurs destinataires s’avèrent insuffisantes par rapport à l’étendue du rassemblement qu’elles proposent, mais présentent toutes un intérêt et c’est pour cette raison qu’aucune ne doit être balayé d’un revers de main.
Nous considérons qu’un rassemblement pluraliste et large ne pourra se faire autour d’une seule force, que ce soit les collectifs unitaires, le PCF, la LCR, ou les Alternatifs, et nous pensons que l’unité des forces antilibérales de gauche ne pourra se faire que par la convergence de chacune de ces initiatives et non autour d’une seule.
Sans que nous en fassions un préalable, ni une exclusive, nos rencontres doivent permettre d’aborder tous les sujets tels que la gauche que nous voulons construire et ses relations avec le PS, ou celui visant à préciser ce que nous appelons « alternative anti-capitaliste/libérale » ou enfin la forme d’organisation à lui donner (espace politique nouveau ou nouveau parti) afin de réunir les anti-libéraux-anti-capitalistes.
Sur ces bases nous nous disons prêts à participer avec toutes et tous, citoyens ou militants, à la construction d’un cadre unitaire de débat et d’action pour une gauche de transformation sociale et écologique, et à être présent à chaque initiative où la construction de l’unité est l’enjeu.
Tours le 27 juin 2008.
Collectif Antilibéral de Rassemblement Populaire (CARP 37).
contact@carp37.info. - http://carp37.info/ Tel : 06 14 07 86 69
Les Alternatifs 37.
alternatifs37@free.fr - http://alternatifs37.free.fr/ Tel : 06 67 96 49 35
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