mercredi 11 février 2009

Genre! t'es un mec?! Prouve le moi...


La société dans laquelle nos mamans nous ont forcéEs à vivre en nous laissant être arrachéEs si injustement de leur utérus, est, vous l'aurez remarqué, basée sur une séparation entre deux catégories de personnes que l'on appelle soit "hommes" soit "femmes" selon qu'elles aient un truc qui dépasse ou un trou entre les jambes.
Cette division de la société en deux paraît relever du sens commun, on y réfléchit pas naturellement, elle existe c'est comme ça...

C'est sûrement qu'il y a des raisons!
Et quand on demande lesquelles ça pose un petit problème...



(Se) Repoduire sans réfléchir

On est souvent confronté à des réponses du genre : "bah les femmes ont un vagin et les hommes ont un pénis!" Ouah! , ou encore : "les femmes sont plus fragiles, du coup la société s'est organisée sur ça en laissant les travaux les plus durs aux hommes". Au delà du fait que je pourrais leur rétorquer qu'ils n'ont jamais vu ma soeur, on pourrait opposer à ces personnes que même si c'était vrai, aujourd'hui les travaux étant moins physiques et plus intellectuels, pourquoi une telle division existe encore?
Pourquoi cette division sociétale basée sur la présence ou non d'un appendice en dessous de la ceinture?

Et oui, la vraie raison se trouve ailleurs... dans la domination d'une catégorie sur une autre créée pour l'occasion, afin de répartir le travail et refiler à la femme les tâches ingrates... Marx (Karlos pas Groucho) lui-même disait que "la femme est le prolétaire de l'homme"...

Du coup, pour légitimer et lui faire accepter sa domination, on a attribué à la femme plein de qualités censées lui être naturelles comme la fragilité, la coquetterie, la soumission, la timidité, la discrétion, la douceur, à l'opposé du stéréotype de l'homme se définissant par sa force, son courage, sa violence : "Montre que t'es un mec, que t'as des couilles!". Tout ça a été intégré dans nos manières de penser, alors on reproduit cela inconsciemment en achetant aux petits garçons des poupées GI Joe, quitte à légitimer des attitudes violentes plus tard vis à vis de leurs femmes (puisque ce modèle a forcément l'hétéronormie comme pendant : être homo ou bi c'est être une fiotte, un sous-mec, une femme quoi!), et en offrant aux petites filles des poupées Barbie pour leur apprendre à être belles en toute circonstance, à disposition de leur mari, et à subir sans rien dire ses violences ou ses envies... Et si fifille ne se révèle pas conforme à cela, on dira d'elle qu'elle est un garçon manqué, et plus tard qu'elle est sûrement lesbienne (oui, ce système est aussi synonyme d'homo/lesbophobie).
Des chercheurs ethnologues ont pourtant trouvé des peuples en Océanie chez lesquels les caractéristiques sociétales étaient inversées entre les sexes, entre les femmes autoritaires et violentes qui dirigeaient la tribu, et les hommes coquets et soumis. Comme quoi ces comportements ne sont pas si naturels et universels que ça!

Une science phallocrate, sans fondements et orientée

Mais le plus intéressant est que cette division biologique entre deux sexes n'est même pas fondée scientifiquement, puisqu'il y a une faible mais non-négligeable proportion de la population qui, quand elle naît a "les deux" sexes au niveau génital (pénis plus vagin) ou chromosomique (XXY), ce qu'on appelle les personnes intersexes, sur qui les médecins s'autorisent (avec l'accord des parents souvent mal informés), à déterminer arbitrairement par la chirurgie le sexe qu'ils/elles auraient pu choisir plus agéEs.

Alors nos chercheurs inquiets de voir les bases de leur éducation et petit monde sans fondement, s'acharnent à vouloir trouver sans réussir ce qui pourrait différencier l'homme de la femme. Mais que ce soit par les caractéristiques hormonales, morphologiques, ou génétiques, qu'on définit de manière conditionnée comme soit masculines soit féminines (les chercheurs aussi font partie de la société et ont été socialisés), on aboutit à, à peu près, 20% de la population "sexes confondus" qui réunissent différentes caractéristiques masculines ou féminines, et donc à des hommes (de par leur pénis) qui sont de par leur corps, leurs hormones ou leurs gènes plus féminins que des femmes et vice versa.
Pourquoi baser alors une séparation en deux de l'humanité sur l'existence d'un vagin ou d'un pénis, plutôt que sur la longueur des lobes d'oreilles ou la couleur de ses yeux? Est-ce que ça a plus d'importance?
Est-ce que l'on doit tout baser sur le critère reproductif? Les femmes et les hommes ménopausées et/ou stériles ne seraient alors plus vraiment ni des hommes ni des femmes. Et le rapport sexuel ne serait alors plus que procréatif? Amen! dirait le freaky-sex Beuh-noix XVI!

Diviser pour mieux régner

Ce qu'il faut retenir c'est que dans tous les cas, catégoriser c'est hiérarchiser. L'instauration de la division en deux sexes de l'humanité est originellement et sera toujours un instrument de domination. Et à partir du moment où on s'est permis de soumettre la moitié de l'humanité à l'autre, la voie était ouverte à n'importe quelle autre discrimination et domination, comme ce fut le cas par la suite avec la création des races, à partir de laquelle on a justifié l'esclavage ou plus tard la colonisation... Dans les deux cas on retrouve la domination du modèle de l'"homme blanc, occidental, chrétien, hétérosexuel et économiquement performant".
Comme il n'y a pas cinq ou six races mais une race humaine, il n'y a pas deux genres mais le genre humain, et autant de sexes qu'il y a d'individuEs... Alors pourquoi se sentir mal dans sa peau en essayant de coller à un stéréotype caricatural et inaccessible qui ne nous convient pas, alors que nous pouvons être nous même en créant notre propre identité en dehors des constructions sociales qui brident notre bonheur et notre épanouissement?


Nathou (humain à kekette, yeux noisettes et longs lobes d'oreilles)


* article extrait du prochain MEG (Magazine d'Etudions Gayment)

vendredi 28 novembre 2008

PartiS de gauche... mais arrivés où?

Pourquoi je ne suis pas républicain...

Oui je sais, ça peut paraître étrange comme affirmation pour une personne de gauche... Mais rassurez-vous je ne suis ni devenu monarchiste, ni poujadiste!
Non, je parle des républicains de gauche que l'on peut retrouver au MRC, au PRS et maintenant au Parti de Gauche créé à l'initiative de Mélenchon qui voudrait en faire le fer de lance du socialisme républicain français... Atchoum! Excusez moi, je suis allergique à la poussière!

Bien sûr j'en parle à cause de l'actualité de la création du PdG, dont on entend plus parler que la fédération de la gauche alternative (vous connaissez la théorie de l'écran de Debray? On passe mieux à la télé lorsqu'un mouvement est personnalisé), mais pas seulement... Ce soir est sortant du métro je me suis fait littéralement sauté dessus par une dame d'une cinquantaine d'années (oui oui, une fois n'est pas coutûme) qui voulait me refourguer un tract pour la création du Parti de Gauche et sa grande "inauguration" (le vocabulaire entrepenarial est volontaire) avec la venue d'outre-Rhin d'Oskar Lafontaine. Cette femme m'apprendra par la suite qu'elle vient du MRC de Chévènement (oui encore une figure).
Instinctivement je lui réponds que ce n'est pas la peine, que je connais et que ça ne m'intéresse pas étant militant antiraciste et autogestionnaire (j'aurai pu rajouter écolo), mais que ça n'empêche pas qu'on travaille ensemble comme pour les européennes :

Elle insiste, et me dit " les républicains ne sont pas racistes!"
- "Je n'ai pas dit ça", lui réponds-je, "c'est simplement que les valeurs républicaines de laïcité négative, ethno-centrées sont pour moi incompatibles avec l'engagement antiraciste. Et puisque vous me parlez de Chévènement, n'est-ce pas de lui l'expression "les sauvageons" en parlant des jeunes des quartiers?""
-"Oui oui mais c'est vrai que c'est une population qui a besoin d'être éduquée, les parents ne font plus leur boulot!" me rétorque t-elle.
- "C'est un discours de droite ça madame, voire colonialiste, c'est avec ces mots qu'on cautionnait l'invasion des terres et l'exploitation des peuples pour leur transmettre les "valeurs universelles" portées par la République". Je continue, " vous ne pensez pas que ces parents aimeraient passer plus de temps dans leur famille, ou avoir les moyens d'éduquer leurs enfants pour qu'ils ne fassent pas de bêtises, mais qu'on les enferme dans cette précarité ghettoïsante?"
- "Non la délinquance est quelque chose que l'on ne peut pardonner ou justifier, la gauche ne doit pas être la parti des délinquants"
- "Ah vous ne pensez pas qu'il y a un déterminisme social, comme dit Bourdieu, à la délinquance? Sans aller jusque pardonner, ne peut on pas relativiser ces actes?"
- "Non, je suis une femme et je n'ai pas envie de me faire violer en me balladant dans la rue par un islamiste!"
CQFD! La droite (et ses amalgames xénophobes) a de beaux jours devant elle... même à gauche!

On a pas abordé la question de l'autogestion et du centralisme démocratique, et tant mieux; j'ai préféré partir désespéré par ces derniers mots
Il serait vraiment temps que tou-te-s les militant-e-s des quartiers investissent le champ politique et y prennent la parole pour combattre la xénophobie latente dans la société, et surtout dans le milieu militant de gauche!

Comme quoi, que ce soit le socialisme républicain ou le trotskysme, les idéologies passéistes et poussièreuses de gauche ne sont pas prêtes de disparaître...
J'espère que la fédération de la gauche alternative à venir sera un outil pour combattre ces idées, comme l'on combat le capitalisme et ses ravages. La tolérance et l'ouverture des esprits et des cultures sera une des clefs de la paix du monde à venir.

samedi 15 novembre 2008

"Y'a plus que les ritales pour se bouger en France!"

"NON PAGHEREMO LA LORO CRISA"

Oui c'est une phrase que j'ai entendu très souvent vendredi soir au rassemblement de soutien aux universités italiennes en lutte contre l'équivalent de nos coupures budgétaires et de notre LRU (Loi relative à l'autonomie des universités) françaises, où les français se sentaient étrangers en leur propre pays au milieu de tant d'italiens...
Sauf que leur mobilisation à eux en Italie est un cran au dessus avec trois cents mille personnes dans la rue à Rome hier soir. En France, ce sont encore les étudiants italiens les plus nombreux à se mobiliser contre une directive européenne issue du "processus de Bologne". Ils étaient deux-cents à se réunir devant le Consulat Italien hier matin, le soir une petite centaine à envahir la salle de conférence de l'Institut de la Culture Italienne pour porter leurs revendications pour la sauvegarde de la culture et de la recherche et pour l'indépendance de l'enseignement supérieur en Italie, sous le mot d'ordre "Non pagheremo la loro crisa".
Des rassemblements de soutien similaires se sont tenus dans les 20 plus grandes villes d'Europe comme Istanbul, Madrid, Monaco, Berlin, Barcelone, Bruxelles,... Bref il semble que pour la première fois depuis... mai 68! (et oui!) un mouvement de contestation européen se mette en place.

Cependant ne jettons pas la pierre aux étudiants français encore un peu frileux cette année. L'an passé nous a un peu échaudé avec une mobilisation crescendo qui a disparu comme elle était venue, lachée en cours de route par le syndicat réformiste et social démocrate majoritaire en France, j'ai nommé l'UNEF...
En effet un temps après avoir soutenu le mouvement qu'elle a vu se développer en dehors de son contrôle, car à l'initiative de Sud Etudiant et des autres forces de gauche radicale, l'UNEF décida de passer directement à la table des négociations avec la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, pour à la fin accepter des miettes contre lesquelles elle décide de se battre maintenant.

Mais là où on peut se rassurer c'est que ce mouvement qui se développe en France, se fait en dehors de tout contrôle des syndicats, en AG où les étudiants italiens expatriés décident de la vie du mouvement, avant de transmettre leurs idées de mobilisation aux AG étudiantes qui se tiennent un peu partout ces temps-ci pour aller vers un mouvement global des étudiants...

On ne peut que souhaiter bonne chance à tou-te-s et être avec eux/elles jusque dans la rue!

mercredi 12 novembre 2008

L'ingénu : Congrès, fédération, appels, nouveaux partis? Kesako?

Ouhlala! C'est ce qui me viendrait à l'esprit si je débarquais en France et y découvrais notre paysage politique surtout du côté de la gauche radicale...

La confusion règne en effet entre une dynamique NPA qui commence à se stabiliser après des débuts fluctuants mais où commencent aussi à se faire jour les première contradictions entre comités locaux assez divers dans leur composition et la direction nationale de la LCR qui tente de garder la bride sur sa construction;

un processus de "fédération" des militants, citoyens et des forces se reconnaissant dans la gauche alternative, à laquelle sont partie prenante Communistes Unitaires, Alternatifs (dont le congrès vient de confirmer l'engagement dans la création d'une telle force), Collectifs Unitaires, le MAI et autres divers courants de l'écologie radicale. Un processus recevant un large écho dans les milieux militants écologistes et altermondialistes mais qui en dehors peine à se faire connaître à cause d'un black-out médiatique impressionnant;

un PCF en crise dont l'issue du prochain congrès ne se résumera hélas qu'à un renouvellement assez superficielle de l'équipe dirigeante puisqu'elle sera issue de la motion de la direction nationale actuelle élue par à peu près 20% des militants lors d'un vote interne où l'abstention et les votes nuls ont atteint des records sans précédents;

une gauche du PS qui commence à se réorganiser avec la sécession de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon suivis par le PRS et rejoints par le MARS-GR (républicains anti-libéraux), qui appellent à la création d'une nouveau "parti de la gauche" clairement en rupture avec le capitalisme mais apparement pas avec le PS. Cela rajoute encore à la confusion à la gauche de la gauche, puisque ceux-ci ne semblent faire appel, pour la consitution de ce Die Linke à la française, qu'aux forces républicaines et surtout au PCF.
J'avoue que la manière dont a été lancé cette initiative me rend assez perplexe... En effet alors que s'enorgueillant de porter un projet unitaire, elle se fait en dehors de tout cadre existant s'en renvendicant (Politis) ou ne fait pas appel à ceux en cours de construction (fédération de la gauche alternative).


Ce rassemblement partiel des forces républicaines et socialistes, comme pour le NPA avec l'apport de militants anti-capitalistes proches de la LCR, ne semble pas se fixer pour objectif ultérieur leur propre dépassement dans un regroupement plus large des forces de la gauche de transformation sociale et écologiste, contrairement à l'initiative de "fédération de la gauche alternative" en cours qui ne se conçoit que comme une première étape vers la constitution d'une force pluraliste.

Certes, il est légitime et important pour le pluralisme des idées de la gauche de la gauche, que le pôle anticapitaliste, le pôle autogestionnaire/altermondialiste et le pôle républicain/socialiste s'organisent chacun de leur côté, mais quel gâchis monumental ce serait si cette division/réorganisation devait aboutir à trois forces chacune tournant le dos aux autres, chacune se pensant suffisante pour porter à elle seule un vrai changement de société.
On ne pourra regrouper la gauche de la gauche dans son ensemble autour d'une seule de ces trois forces à venir, nous devons le dire, le répéter et faire pression pour que des passerelles continuent à se faire entre chacune...
C'est aussi pour porter ces revendications qu'il est important que la "fédération" de gauche alternative commence réellement à se construire et se renforcer tout de suite.

Ainsi la partie de cartes s'avère au fur et à mesure du temps plus compliquée mais je ne pense toujours pas qu'elle soit sans issue commune possible si chacun reste capable de dépasser les querelles de clochers, qui nous ont déjà fait perdre tant de fois.

Les européennes doivent être l'occasion de commencer ce débat sans que le jeu soit pipé d'avance. Mais loin de vouloir construire l'unité pour l'unité, afin de ne pas reproduire les erreurs de 2006, c'est sur le fond de notre projet commun, bref ce qui nous rassemble tout en mettant à plat ce qui nous divise, que l'on doit commencer à discuter et pas seulement sur des têtes de listes.

dimanche 12 octobre 2008

Congrès des Alternatifs 2008 : Notre contribution...

QUI A PEUR DU POST-COLONIAL ?

Le modèle français actuel d ‘« intégration » des migrants est en crise. La panne de l'ascenseur social, la montée du chômage de masse, la précarisation croissante des jeunes ont joué un rôle important dans cette mise en crise.

Mais ce n'est pas la seule raison.

Même si les vagues d’immigration d’origine européenne avaient suscité le rejet à leur arrivée dans le monde ouvrier, leur intégration à la société française a été facilitée par la proximité de classe mais aussi pour des raisons de similarité culturelle et religieuse (christianisme).

Or, les dernières vagues d’immigration se différencient des précédentes ( immigration polonaise, italienne, portugaise ...) par leur provenance extra-européenne, leurs références culturelles et leurs religions, différentes de celles qui dominent, en France métropolitaine, depuis des siècles.

Celles des dernières quarante années, proviennent majoritairement des anciennes colonies d’Afrique équatoriale ou du Maghreb et des actuels DOM. Il y a aujourd'hui 6 millions de personnes de religion ou de culture musulmane, majoritairement français et majoritairement rejetés.


Assimilez-vous ou partez ! La France, aimez-la ou quittez-la !

L’ethnocentrisme républicain, très présent dans une France ex-puissance coloniale, se mêlant à la peur de la différence, les autorités françaises ont construit la figure du " bon immigré intégré » réplique exacte du regard condescendant et méprisant portée sur les populations anciennement colonisées. Pour être considéré comme Français - le slogan "être français, ça se mérite" a été partagé bien au-delà du seul électorat FN - , être en accord avec les « valeurs françaises », il faut ne pas faire trop de vagues et abandonner sa culture et ses traditions…

Véhiculant l'idée de l'incompatibilité des cultures et alimentant ainsi l’idéologie du choc des civilisations, sous couvert de lutte contre le terrorisme, la xénophobie d’Etat et l’islamophobie se sont développées. Elles n’ont jamais été aussi présentes en France et dans les pays occidentaux ; au point que l'amalgame entre pratiques religieuses musulmanes et intégrisme religieux est devenu presque naturel.


Des discriminations systémiques que nous devons combattre

Il est de notre responsabilité de prendre part le plus largement possible aux luttes anti-racistes mais aussi de combattre la pensée unique de l'"intégration/assimilation" qui produit mécaniquement discriminations à l'embauche, au logement, dans les loisirs ... Cette "pensée" empreinte d'un regard marqué par le colonialisme, est véhiculée par les médias et les principales personnalités et partis politiques, à gauche comme à droite.

Elle renvoie à la négation républicaine des origines qui, par adhésion sincère à un universalisme abstrait, risque d'aboutir à une sur-valorisation des origines et des identités.
Nous devons aussi élever la voix contre les politiques gouvernementales, de gauche comme de droite, qui stigmatisent les banlieues populaires et leurs habitant-e-s, notamment au travers des "politiques de la ville". Toutes ont été désastreuses, discriminantes et sécuritaires tant au niveau du logement, des moyens accordés aux écoles, que des violences policières, de la précarisation de ses habitants et de leur accès difficile à la culture et aux services publics, générateur de lien social.

Plus largement, nous devons combattre toutes les discriminations car toutes sont liées et trouvent leur origine dans des rapports sociaux de domination qui valorisent la norme de l'"homme, occidental, blanc, chrétien et hétérosexuel".

C'est en prenant en compte la réalité que nous pourrons lutter efficacement contre les persécutions des minorités, les discriminations et la stigmatisation des pratiques religieuses, culturelles ou sexuelles qui sont contradictoires avec notre projet politique et humain.

Nous pensons que les Alternatifs doivent s'emparer des questions que nous avons abordé dans ce texte et en débattre sereinement. C'est une condition indispensable pour que le nouveau prolétariat des quartiers populaires, quelle que soit sa couleur et son appartenance religieuse, s'intéresse à la politique et puisse partager notre désir d'émancipation.


Nathan BOUMENDIL - Guy GIANI - Léa CARLAT

dimanche 21 septembre 2008

Vers Belem et le FSM

Ci-dessous le témoignage des camarades de la délégation des Alternatifs au Forum Social Européen de Malmö! Vivent les Altermondialismes et les altermondialistes!

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Une grosse réunion, toute pleine de vedettes de l’Altermondialisme sous chapiteau, pour ce séminaire « Le Forum Social Mondial de Bélem et le futur du FSM »

Après une demi-heure d’attente (les personnalités indispensable tardant à finir la réunion précédente ou à sortir de table), et les multiples réglages des fréquences de traduction, la réunion commence enfin par une intervention d’une militante équatorienne . Elle explique qu’elle est convaincue que les forums sont des lieux essentiels, notamment pour les latino-américains, pour de définir de nouvelles stratégies. Ils sont aussi un lieu important pour échanger et mener des débats, notamment celui de la plurinationalité. Ce sont en effet, les forums qui ont permis l’émergence récente de cette question-clé en Amérique Latine.

Ce type de rencontres est aussi le lieu de création de nouveaux agendas pour poursuivre les expériences qui se développent sur le continent sud-américain et les étendre vers d’autres lieux. Les réflexions sur la plurinationalité et l’égalité des droits entre les peuples peuvent directement profiter à l’Asie ou l’Océanie par exemple.
Gus Massiah intervient ensuite pour présenter une synthèse des réflexions du Conseil International quant au débat stratégique (synthèse basée sur les contributions envoyées sur le site du FSM).

1. Analyse du contexte:

• Le FSM a désormais presque 10 ans : le contexte a inévitablement évolué, particulièrement depuis septembre 2001 qui a marqué le passage du néo-libéralisme au néo-libéralisme de guerre.
• Le néolibéralisme connaît une succession de crises liées les unes aux autres (économique, alimentaire, environnementale…). Mais cette crise structurelle ne se traduit pas par un effondrement du système. Sommes-nous dans une transition de sortie du néo-libéralisme et vers quoi déboucherait cette éventuelle sortie ? Manifestement, rien ne permet d’affirmer que l’altermondialisme profiterait mécaniquement de cette crise.
• Par ailleurs, la prise de conscience globale de la crise écologique est en réel progrès.
• Ensuite, nous connaissons une réelle crise idéologique et morale. Le renforcement de toutes les formes de répressions est indéniable.
• Enfin, les représentations géopolitiques ont changé : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine prennent de plus en plus de place dans les enjeux mondiaux et ces grandes régions réagissent de façons très différentes quant à l’hégémonie américaine. Elles ne sont pas pour autant les championnes du combat altermondialiste.


2. Etat du mouvement

• Le mouvement altermondialiste est un mouvement antisystémique qui conteste le néolibéralisme. Mais ce n’est pas le seul mouvement antisystémique : nationalismes, idéologies religieuses…
• Le mouvement se revendique comme un mouvement historique de long terme. Il se place dans un processus et n’oublie pas les antécédents (mouvements ouvriers, anticolonialisme…). Il s’en sert notamment en reprenant les formes de contestation.
• Le mouvement a été l’occasion de nouvelles alliances. Par exemple, en Amérique Latine, femmes, paysans et indigènes ont fait converger leurs luttes. Il existe aussi aujourd’hui une quarantaine de plateformes mondiales qui sont la conséquence d’une réelle convergence des mouvements.
• Le FSM n’est qu’une des composante de ce mouvement.

3. Capacité à promouvoir des actions

Les FSM donnent une visibilité aux luttes. Ils permettent :
• de rendre visible la dimension mondiale des luttes, y compris locales.
• de mettre en évidence la dimension citoyenne des luttes en soulignant qu’elles ne sont pas seulement sociales.
• l’émergence d’une nouvelle culture politique : horizontalité, activités autogérées…
• la mise en évidence d’une proposition d’alternatives stratégiques. On peut organiser chaque société et le monde en dehors d’une régulation par le marché.

4. Perspectives

• Il a été acté que le FSM ne prend pas de décisions d’action. Il doit faciliter le regroupement pour la mise en place des actions et leur développement.
• Il ne doit pas seulement être un regroupement ponctuel mondial. Plutôt que tous les ans, il est proposé tous les deux ans et les actions décentralisées (locales, régionales, nationales…) doivent être favorisées.
• A la suite de Nairobi, un guide de principes a été rédigé. Il est disponible sur le site Internet.
Suit l’intervention d’une des organisatrices du prochain forum, pour un point plus axé sur Bélem :
Il y a 10 ans, lors du premier FSM, régnait l’impression que le néo-libéralisme était victorieux. Aujourd’hui, on le dit en crise. Mais il faut prêter attention au fait que le capitalisme a été capable d’intégrer certains éléments de la critique altermondialiste. Un bon exemple est celui de la critique écologique.En Amérique Latine se construit un discours qui peut et doit dépasser ses frontières, ainsi que des connexions qui permettent ce dépassement. Par exemple, l’Amazonie connaît une concentration des formes de résistance, ce qui permet un développement de luttes radicales sur les questions environnementales.


Présentation des premiers jalons du programme des sept jours (!) du FSM de Bélem :

• Première journée d’accueil festive.
• Travail sur la Panamazonie qui regroupe 7 pays. Présentation des débats et perspectives dans un objectif d’échange avec les autres pays.
• Les trois jours suivants seront dédiés à des activités autogérées, avec la volonté de développer des ateliers et des activités culturelles.
• L’avant-dernier jour sera thématique (eau, travail, …) avec pour perspective de favoriser les convergences et les rencontres et d’avancer sur un agenda au sujet d’au moins une dizaine de thèmes.
• Le dernier jour sera consacré à une fête de clôture.

Une des questions épineuses de ce forum qui se déroulera en Amérique Latine : certains présidents s’inviteront. Comment la présence de présidents peut ne pas poser de problèmes ? Comment faire pour que leur présence puisse être constructive plutôt que problématique ? En outre, il est nécessaire d’être très prudent quant à une éventuelle récupération de ce type de présences.


Rachel et Mathieu

samedi 30 août 2008

Tag

Elodie me "taggue".
Je me plie à ce jeu qui permet de faire connaître des blogs-amis...
Voici le règlement du Tag (que les personnes tagguées devront ré-indiquer si elles suivent le mouvement):
  • Choisir un livre, l'ouvrir à la 123ème page et recopier les lignes 5 à 10.
  • Indiquer les références de l'ouvrage.
  • Tagguer quatre autres personnes en les prévenant sur leur blog.

" Ce bal reproduisait les scènes sur lesquelles Disraëli s'étendait avec complaisance dans ses romans. Il évoquait même une de ses plus fameuses descriptions ; car dans le Green Park, devant la maison, une grande foule s'était rassemblée dans la nuit d'été pour voir arriver et repartir les invités, écouter la musique et méditer peut-être sur le gouffre qui séparait en ces temps-là les gouvernants des gouvernés."

Il s'agit d'un extrait des mémoires d'enfance et d'adolescence de Winston Churchill "Mes jeunes années". Un livre qui relate des évènements vieux de plus d'un siècle et terriblement d'actualité de par les conséquences de la décolonisation dans le monde et la fin de l'impérialisme qu'ils évoquent. La plume ascerbe et l'esprit aiguisé de Churchill en font un chef d'oeuvre que je conseille de lire à tout le monde pour vous rendre compte que les choses se répétent et que les problèmes d'aujourd'hui trouvent leurs origines dans un passé beaucoup plus lointain qu'on le croit.

Apparemment nos chers pigeons français qui ont élu Sarkozy l'année dernière, pouvaient déjà trouver des pairs dans leur fascination pour le luxe et le pouvoir chez nos chers amis anglais du XIX ème siècle. A croire que Marx n'est jamais passé par là entre temps!

Je taggue Jacqueline, Guillaume et Alisson.